Ferdinand a écrit une lettre au Père Noël.
La maîtresse avait demandé d'apporter des catalogues de jouets, de découper ce qu'on voulait, de coller les images et les noms des jouets qui allaient avec, mais pas le prix. On devait ensuite lire les mots, puis les recopier en attaché, et voilà, la lettre était terminée.
Si l'on s'y prenait maintenant, c'est parce que le Père Noël habite dans un pays lointain, et que le courrier met du temps à lui parvenir. Ferdinand explique tout cela à ses parents et à Léo, son grand frère de huit ans. Léo se moque:
— En grande section de maternelle, moi, j'y croyais plus, déjà, à toutes ces histoires...
Le mercredi suivant, la télé donne, à chaque séquence de pub, le numéro de portable du Père Noël. Ferdinand réussit très facilement à recopier les chiffres. Le Père Noël a une bonne voix, qui invite à parler après le signal sonore. Ferdinand s'excuse: il a bien écrit une lettre, que la maîtresse doit envoyer avec celles de toute la classe, mais il a oublié quelque chose. Il s'agit d'un pistolet laser désintégrateur, le même que celui de Tahiko-Zu, un engin qui transforme illico n'importe quel ennemi en petite fumée violette. Il lui faudrait aussi, dans le même colis, une batmobile avec un volant et des pédales à sa taille, grâce à laquelle il promènera ses parents dans le monde entier, ce qui les distraira du chagrin provoqué par la perte mystérieuse de leur fils aîné.
Ah, si, un détail...
—Le pistolet, Père Noël, mets-le dans une boite de Meccano, s'il te plait ...
Hortense AA