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Les prairies Saint-Martin, à Rennes A lire pour rire |
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Paradis des poètes |
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Un arbre est tombé sur la voie ferrée, les trains ne circulent plus. À la sortie de la ville, il y a une cohorte de gens qui font du stop sous le vent et la pluie. Chaque automobiliste qui passe, ou presque, s'arrête – tout le monde a entendu la radio-, et prélève son passager dans la longue file . Le hasard est bon enfant ce matin, qui m'octroie deux jeunes filles rieuses. Elles ouvrent la portière en secouant leurs cheveux trempés , me lancent des merci joyeux et s'installent l'une à l'avant, l'autre à l'arrière sans interrompre leur bavardage. Elles vantent les qualités respectives de leurs chanteurs favoris, fredonnent des mélodies et me prennent à témoin ; je proteste de mon incompétence, je ne connais rien du tout à leur musique de djeunes, je suis préhistorique, et, pour appuyer mes propos j'enfonce dans le lecteur un CD de Barbara. « Pfft, soupirent-elles, bien sur qu'on connaît ça.. » Et de me citer Trenet, Brassens, Ferré... La voiture tangue sous les rafales, les essuie –glace ont peine a repousser le déluge qui s'abat sur nous, et nous parlons poésie. Elles sont jolies, ces deux jeunes filles à la peau sombre, au visage ovale, au doigts fuselés. « Peut-on vous faire écouter quelque chose ? » Une voix orientale remplace celle de Barbara. « C'est un chanteur iranien, il interprète des textes très anciens, des poèmes arabes ou persans... » Elles me traduisent au fur et à mesure ces vers qui chantent la beauté des femmes, des nuits étoilées et des chevaux, je trouve cela simple et beau, et je le leur dis. |
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