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En vl'a d'la critique!

   
       

  Supposons, ami lecteur, que tu aies lu un roman. Tu es généreux, naïf. Tu as le coeur et le livre sur la main. À qui vient te voir, tu glisses le bouquin dans la poche. Ce bonheur dispensé par l'auteur qui te donna rendez-vous, tu l'as tant goûté que tu désires, comme le bébé qui par bonté essaie de fourrer son gâteau mâchouillé dans la bouche de son voisin, le partager avec d'autres lecteurs . Oui, mais, voilà, comment le dire ? Surtout que tu t'adresses à des inconnus, ne l'oublie pas !

     Pas d'affolement !
Pour rédiger une bonne, une vraie critique littéraire, il faut :
1°) avoir lu le livre.
2°) Disposer d'un vocabulaire suffisant et de tous compréhensible.

     Notre roman est-il :
– balzacien, dickensien, proustien,?

     L'auteur est-il un digne héritier de :
– Giono, Céline, Chateaubriand, Kafka, Manchette, Allais, Rabelais, Tolkien ?

     Est-ce un roman :
– rare, comme on n'en n'espérait plus, hors du temps et de l'espace, qui marquera son siècle, le meilleur de ces dix derniers mois – années – millénaires ?

     Nous le qualifierons ainsi:
– intime et envoûtant, brillant et captivant, profondément subversif, admirable et déchirant, cynique et désabusé, rempli de compassion et de pudeur, profondément humain, drôle et féroce, à hurler de rire ?

     L'auteur nous immerge dans un univers:
– feutré, opaque, lumineux, fascinant, éclaté en puzzle fictionnel, borgésien, baroque, flamboyant, atroce, mouvant, kafkaïen, glauque, déshumanisé, étrange, clos, intime ?


     Nous avons été charmés, portés par un style:
– vigoureux, viril, énergique, tranchant, indemne de tout pathos inutile, vif, délicat, musical, chatoyant, tout en nuances, limpide, subtil, tendre, doux, léger, impressionniste ?

     Nous le recommandons pour:
– l'élégance de l'écriture, la cruauté du thème, la culture éblouissante - incommensurable - de l'auteur, son mordant, son esprit français, sa grâce subtile, sa tendresse pour le genre humain, son universalité généreuse, sa lumière intérieure?

     Reste la chute, le dessert, cette ultime phrase pirouette dans laquelle, critique chéri, tu nous offriras le meilleur de toi-même:
      Après la dernière page de Dimanche au bord des mots , dans le silence du livre refermé, Pierre Lécrivain nous parle encore. 
     Pierre Lécrivain réussit cette gageure : bien au delà des mots qui échappent au dire, il nous chuchote l'indicible.
Dimanche au bord des mots est un livre qu'il faut avoir lu si l'on ne se satisfait que de l'excellence . 
     Pierre Lécrivain a couché avec la littérature, et il lui a fait un bel enfant.
     Le temps nous sera long jusqu'au prochain chef d'oeuvre de Pierre Lécrivain.       
    Il est des livres qui chanteront longtemps quand d'autres se seront tus. Chapeau, Monsieur Lécrivain !




                                                     Hortense AA.