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Robert WALSER: Nouvelles du jour

En décembre, trois journaux d'écrivain: Virginia WOOLF, Franz KAFKA, Maurice G.DANTEC

Paul VINCENSINI:petits poèmes

Agota KRISTOF: L'analphabète

Majnun LAYLA: Je nous vois

René DEPESTRE: L'orgasme idéal

Marguerite DURAS: chronique

Guy GOFFETTE: Printemps bleu

Nazim HIKMET: L'optimiste

COLETTE: Journal à rebours

Pierre JOURDE: Festins secrets

Georges PEREC: La disparition

Alexandre VIALATTE: Chronique des H et des Y

Erri de LUCA: Trois chevaux

Nelly kAPLAN: Le réservoir des sens

Tom SHARPE: Quelle famille!

Robert BURTON: Anatomie de la mélancolie

Yves BONNEFOY: L'adieu

Lynda GUILLEMAUD: Bréhat

En Juin, trois journaux d'écrivain: Annie Erneaux, Michel Tournier, Renaud Camus

Hervé LAROCHE: Dictionnaire des clichés littéraires

Jean MALRIEU: La vallée des rois

René-Guy CADOU: Refuge pour les oiseaux

Raymond QUENEAU: L'instant fatal

Yvon Le MEN: Une question d'habitude

Esprit, es-tu là ? Conte Du pays gallo

 


 
           
 

Raymond QUENEAU: L'instant fatal

   
           
 

           cercueil de pierre

Quand nous pénétrerons la gueule ed' de travers
dans l'empire des morts
avecque nos verrues nos poux et nos cancers
comme en ont tous les morts
lorsque narine close on ira dans la terre
rejoindre tous les morts
après dégustation de pompe funéraire
qui asperge les morts
quand la canine molle on mordra la poussière
que font les os des morts
des bouchons dans l'oreille et le bec dans la bière
abreuvoir pour les morts
et le cerveau mité un peu genre gruyère
apanage des morts
quand le chou flétri les machines précaires
guère baisent les morts
et le dos tout voûté la charpente angulaire
peu souples sont les morts
nous irons retrouver le cafard mortuaire
qui grignote les morts
charriant notre cercueil vers notre cimetière
où bougonnent les morts
lorsque le monde aura marmonné ses prières
qui rassurent les morts
et remis notre cause ès dossiers de notaires
ce qui forclôt les morts
distribuant nos argents comme nos inventaires
nos défroques de morts
aux vifs qui comme nous enrhumés éternuèrent
se mouchent plus les morts
alors il nous faudra lugubres lampadaires
s'éteindre comme morts
et brusquement boucler le cercle élémentaire
qui nous agrège aux morts




Raymond QUENEAU *** L'instant fatal ***