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Robert WALSER: Nouvelles du jour
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COLETTE: Journal à rebours |
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Quand on peut pénétrer dans le royaume enchanté de la lecture, pourquoi écrire ? Cette répugnance que m'inspirait le geste d'écrire n'était-elle pas un conseil providentiel ? il est un peu tard pour que je m'interroge là-dessus, ce qui est fait est fait. Mais dans ma jeunesse, je n'ai jamais, jamais désiré écrire. Non je ne me suis pas levée la nuit en cachette pour écrire des vers sur le couvercle d'une boite à chaussures. Non, je n'ai pas jeté au vent d'ouest et au clair de lune des paroles inspirées ! Non, je n'ai pas eu 19 ou 20 pour un devoir de style entre douze et quinze ans ! Car je sentais, chaque jour mieux, je sentais que j'étais justement faite pour ne pas écrire. Je n'ai jamais envoyé, à un écrivain connu, des essais qui promettaient un joli talent d'amateur ; pourtant, aujourd'hui, tout le monde le fait, puisque je ne cesse de recevoir des manuscrits. J'étais donc bien la seule de mon espèce, la seule mise au monde pour ne pas écrire. Quelle douceur j'ai pu goûter à une telle absence de vocation littéraire ! mon enfance, ma libre et solitaire adolescence, toutes deux préservées du souci de m'exprimer, furent toutes deux occupées uniquement de diriger leurs subtiles antennes vers ce qui se contemple, s'écoute, se palpe et se respire. Déserts limités, et sans périls ; empreinte, sur la neige, de l'oiseau et du lièvre. étang couvert de glace, ou voilé de chaudes brumes d'été, assurément vous me donnâtes autant de joie que j'en pouvais contenir. Dois-je nommer mon école une école ! Non, mais une sorte de rude paradis où des anges ébouriffés cassaient du bois le matin, pour allumer le poêle, et mangeaient, en guise de manne céleste, d'épaisses tartines de haricots rouges , cuits dans la sauce au vin, étalés sur le pain gris que pétrissaient des fermières…
COLETTE - extrait de Journal à rebours (1940)..
et... Un autre
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